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Πέμπτη, 2 Ιουνίου 2016

Le rythme en droit, le rythme en musique




Είχα μεταφράσει στα γαλλικά το κείμενο της παρέμβασής μου στην ημερίδα στη μνήμη Καθ. Αθ. Παπαχρίστου (9.5.2016) για τους αλλοδαπούς εισηγητές/συμμετέχοντες στην ημερίδα.

Το ελληνικό κείμενο θα δημοσιευθεί στο προσεχές μέλλον.


Le rythme en droit, le rythme en musique
                                    Elina Moustaira
Professeur, Université d’Athènes
               Membre de la Section Hellénique de la CIEC

Introduction

La modernité, à l’Occident, a créé une fracture épistémologiquement profonde entre le droit et les arts, présentant ces deux champs comme culturellement autonomes, avec une syllogistique distincte pour chacun, répondant à une logique différente et orientés à de buts différents.
Pourtant, le dialogue interdisciplinaire est présenté par beaucoup comme inévitable, particulièrement celui entre le droit et les arts. La production écrite, d’articles et de livres, sur la relation entre droit et littérature est celle que la plus riche. Elle a fleuri aux Etats Unis, mais elle a influencé de juristes d’autres régions du monde aussi ; et ces juristes ont continué les fouilles. Ils ont pensé et continuent à penser que l’application de méthodes de la théorie littéraire ainsi que de la critique littéraire peut contribuer à la compréhension meilleure du phénomène juridique, plus spécifiquement quant à son interprétation.

Droit et musique classique

            Ces derniers années, certains très importants représenantants de la susmentionné tendance insistent que le modèle de l’interprétation musicale est plus « utile » pour l’interprétation du droit que le respectif modèle littéraire. Les arguments proposés sont les suivants :
            La musique, contrairement à la littérature, a une relation directe à la performance. Quant, plus spécifiquement, à la musique classique, l’interprétateur se base à la partition, c’est-à-dire à de graphèmes rangés en accord avec un plan intelligent de quelque compositeur. La compréhension de ce « texte » est un stage préliminaire, indispensable pour la traduction des sons en face de l’audience. Le musicien, exactement comme le juriste, doit donner de solutions à divers problèmes interprétatifs. De ces solutions dépendra la cohérence, l’originalité, la persuasion du résultat de l’interprétation-performance. Aux œuvres musicaux, le même comme aux actes normatifs, la langue et les indications sur la performance sont souvent implicites ou imparfaits et c’est l’interprétateur du droit, le même comme l’interprétateur de la musique, celui qui doit les déterminer plus concrètement.  
            Les susmentionnés arguments se fortifient par les suivants : Le procès légal est une relation tripartite entre les institutions qui « créent » le droit, les institutions qui l’interprètent, en l’appliquant, et les sujets qui, directement ou indirectement sont influencés par l’interprétation. Cette relation tripartite existe aux arts performants aussi, et plus particulièrement à la musique, puisqu’il y a trois sujets distincts : le compositeur, l’interprétateur et l’audience. Le droit est une pratique sociale, laquelle ne se base seulement aux textes mais aussi aux activités performatives – des tribunaux, des autorités administratives, des agents de police – lesquelles doivent être parfaitement coordonnées pour que les buts primaires du système légal se réalisent. Pourtant, les compositions musicales aussi demandent un effort combiné de plusieurs sujets, pour que leur existence soit complète[1].
            Essayant de trouver si il y a une relation entre le rythme musical et le rythme juridique, on observe que la difficulté des juristes occidentaux, qui considèrent comme droit un ensemble rédigé de règles et d’institutions, de comprendre les droits non-étatiques ou sous-étatiques, est analogue à la difficulté des représentants de l’analyse musicale formaliste, de comprendre les formes musicales non occidentales.

Les gitanes d’Andalousie – « Pedimiento »

            Une recherche juridique et musicologique ethnographique sur le terrain, des gitanes de l’Andalousie, présente un grand intérêt quant à la relation des rythmes juridique et musical et aussi quant au fait que les analyses formalistes sont incapables d’interpréter autres formes de musique et de droit et de donner de résultats concrets.    
            Se concentrant, deux chercheurs, à un rituel de droit de famille des gitanes, le pedimiento (célébration des fiançailles), ils ont vu qu’une analyse formaliste d’un rythme concret de flamenco nous donnerait un schème intellectuel de la règle rythmique qui est suivi tant par les musiciens de flamenco que par l’audience qui participe ; en même temps, qu’une analyse des règles du droit de famille des gitanes nous donnerait un ensemble concis de signifiants lesquels constituent le seuil par lequel le couple doit passer pour qu’ils se marient légalement.
            Voyant les insuffisances d’une telle analyse conventionnelle (de mentalité plutôt occidentale), ils ont proposé une alternative qui considérera le rythme (de musique) et le droit comme pratiques communes de dialogue. On peut comprendre le rythme de cante jondo comme activité commune, et on peut aussi comprendre la stabilité, la prévisibilité et la régularité du droit de famille des gitanes. Le fait que ce droit ait une structure lâche et que ce n’est pas formellement formulé, ne diminue absolument sa régularité. Tous les deux, le rythme de la musique et la conjugalité, s’incorporent à de gestes, pompeux, comme le  pedimiento, ou quotidiens, comme le respect avec lequel on traite certains couples, quand ils passent, ou comme le dédain vers tous ceux qui ne respectent pas leurs « règles ». Tous les deux, le rythme de la musique et la conjugalité ont tempo et s’expriment avec un rituel dialogique.[2].

Les Eskimos de Groenland – « Chansons-duels »

            Les chanson-duels des Eskimos de Groenland sont encore un très intéressant exemple de relation de droit (non occidental) et de musique. Le fait que les derniers années, les droits des autochtones sont reconnus et sont mis en évidence beaucoup plus que dans le passé, a conduit quelquefois à la consécration officielle des symboles de ces droits. Ainsi, le symbole du corps judiciaire de Groenland est un tambour avec une baguette. Au tambour on voit deux figures et le tout symbolise un des moyens que les Eskimos utilisent pour donner une solution à leurs conflits.
            Dans les sociétés des Eskimos, les chansons s’utilisaient pour établir à nouveau l’équilibre social, mental et émotionnel. Ils avaient lieu pendant des festivités et servaient à la communication des tensions, à la prévention de conflit et aussi au divertissement. Il n’y avait pas de tiers qui pourraient servir comme « juge » impartiale, c’était l’audience qui avait ce rôle. Le but n’était pas la déclaration de la culpabilité de tel ou la reconnaissance du droit de l’autre, c’était plutôt la réintégration des membres de la communauté, qui étaient en conflit entre eux, à cette communauté.
            Les Eskimos, comme d’autres peuples autochtones, ne produisaient pas ; ils vivaient par la chasse, la pêche et la récolte de fruits. Les moyens qu’ils utilisaient pour maintenir l’équilibre social et mental probablement reflétaient ces conditions économiques, écologiques et spirituelles. Le prosélytisme au Christianisme a eu comme résultat la diminution de l’autorité des shamans et aussi la diminution de la grande importance que la danse des tambours et les chansons-duels avaient. Aujourd’hui, à Groenland, la structure judiciaire est presque similaire à celle des Etats Européens, à l’importante différence que les juges de première instance sont de non juristes, jugeant à la base du Code Pénal, du Code de Procédure Civile et du sens commun. La langue utilisée à la première instance est principalement la langue groenlandaise. A la Cour d’Appel, les juges sont de juristes Danois, qualifiés au Danemark et les langues utilisées sont la groenlandaise et le danois.

Langue, musique et droit

            La relation du droit et de la langue est d’ores et déjà non disputée. Pourtant, il semble qu’il y a aussi une relation directe entre la musique d’un pays ou d’une communauté et de la langue parlée, une relation qui influence le droit aussi. D’ailleurs, la musique, comme la littérature, s’expriment dans un cadre social et culturel précis.
            La musique traditionnelle est bien attachée au rythme du langage quotidien et ça c’est plus évident à plusieurs pays Africains, ou on parle de langues tonales. A ces langues, la mélodie du langage n’accentue seulement ce qui se dit, mais constitue aussi un part du signifié littéral des mots. Quand la mélodie du langage est différente, les mots aussi signifient autre chose.
            La compréhension du droit du monde occidentale, lequel a influencé nombreux parts du monde occidentalisés, est une forme de compréhension connectée à une société basée au rythme de la production industrielle et de la productivité industrielle. Ce rythme contribue à la création d’une esthétique particulière.
            La majorité écrasante des textes juridiques est de mentalité Occidentale, c’est-à-dire ils sont orientés à la reconnaissance et l’allocation de culpabilité et à l’attribution de droits. Pourtant, on observe de changements : par exemple, la promotion de l’ « alternative dispute resolution ». Donc, un certain changement du rythme de la langue juridique s’émerge. Ou, plus correctement, il semble que le 21ème siècle n’ait pas un rythme dominant. On observe plutôt une polyphonie[3].
Il se peut qu’on ait besoin d’un monde qui s’intéresse beaucoup plus aux mélodies et aux tons que ses membres jouent.




[1] G. Resta, Variazioni comparatistiche sul tema: “Diritto e Musica”, www.comparazionedirittocivile.it
[2] S.D. Drummond/J.-M. Sellen, Follow a Rule: Sharing Practice in a Gitano Quarter in Jerez, Andalucia, 20 Cardozo Law Review 1423 (1999).
[3] H. Petersen, On Law and Music. From Song Duels to Rythmic Legal Orders?, Journal of Legal Pluralism 1998, 75.






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